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L’ancien barrage et l’ancienne écluse de Port-Bernalin

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Trait d’union entre l’Europe du nord et le monde méditerranéen, la navigation sur la Saône remonte à la plus haute antiquité.
A partir du XVIII° siècle, des services réguliers apparaissent, assurés par les Messageries Royales et deux compagnies privées.
Les bateaux aux formes rebondies sont munis d’un mât et d’une voile. Ils sont tirés chacun par plusieurs chevaux depuis le chemin de halage aménagé sur la rive gauche. Les « Diligences d’eau » sont réservées aux voyageurs. Elles relient Lyon à Chalon en 24 heures l’été, 48 heures l’hiver. Le temps est un peu plus court au retour. Les « Coches d’eau », plus lents, transportent des voyageurs mais aussi des marchandises.
Le 15 juillet 1783, le « Pyroscaphe » de Claude Dorothée de Jouffroy d’Abbans, « premier bateau à vapeur et à roues, évolua à Lyon, sur la Saône, et remonta son cours sans l’aide d’aucune force animale et par l’effet seul de la pompe à feu ». Il faut plus de quarante ans pour que les bateaux à vapeur remplacent, vers 1830, les « diligences » et les « coches d’eau ». Le parcours de montée Lyon-Chalon dure alors 13 heures, le parcours de descente 9 heures.

François Bourdon, ingénieur et précurseur de la navigation à vapeur sur la Saône, écrit en 1825 :« si l’on s’occupait à draguer la rivière, elle deviendrait la ligne de navigation la plus importante de France ». Le mouillage de la Saône étant insuffisant une grande partie de l’année pour la navigation, des travaux d’aménagement sont entrepris dès 1835. On construit d’abord les « épis », qui sont des pieux de bois enfoncés dans le lit, et les « clayonnages » qui sont des digues submersibles qui canalisent le courant par basses eaux dans une partie réduite du lit. Cependant les épis et clayonnages ne permettant encore pas d’assurer la navigation toute l’année, on construit ensuite des barrages dits « à aiguilles ».
Le barrage à aiguilles est composé de deux parties : le déversoir et la passe navigable. L’ensemble assure la retenue des eaux. Le déversoir est constitué de plusieurs milliers d’aiguilles, qui sont des pièces de sapin de 8 centimètres de côté et de 4 mètres de longueur disposées côte à côte verticalement.
A mesure que le débit de la Saône augmente, les aiguilles sont enlevées manuellement et progressivement depuis la passerelle pour laisser l’eau s’écouler. Cette opération est délicate et dangereuse, surtout l’hiver et par mauvais temps.

Pour rattraper les12,95 mètres de dénivellation sur la section St Jeande Losne-Lyon, soit220 kilomètres, on construit onze barrages et leurs écluses. A l’enthousiasme pour la voie d’eau en 1840, succède une période difficile avec la concurrence des chemins de fer. C’est ce qui explique la lenteur des travaux qui s’achèvent seulement en 1955 avec des dragages qui assurent deux mètres de mouillage.
Après avoir rempli leur office pendant un siècle environ, les barrages à aiguilles sont remplacés dans les années 1970-1980, par des barrages dits « hydrauliques » équipés de clapets manœuvrés par des vérins. Ceci dans le cadre de l’aménagement de la Saône « au gabarit européen », avec 3,5 mètres de mouillage contre 2 mètres précédemment, et 6 barrages-écluses contre 11 précédemment.
L’aménagement du barrage à aiguilles de Port-Bernalin remonte à 1875. Il avait 16 mètres de large, 160 mètres de long. Du barrage « à aiguilles », il ne subsiste que l’écluse.
Aujourd’hui, elle est aménagée en port de plaisance.
Le nom de Port-Bernalin vient du nom d’une maison que possédait, vers le XIV° siècle, Pierre Bernalin, notaire à Reyrieux . Deux tuileries existaient au début du XIX° siècle, une à Reyrieux, l’autre à Parcieux, près du point d’accostage. Le four et les bâtiments d’une nouvelle tuilerie subsistèrent jusqu’en 1966 associés à une entreprise de dragage et fourniture de matériaux de construction.

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